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    Des pierres dans ma poche

     

    Éditeur : Seuil

    Genre : roman

    Année d'impression : 3 mars 2016

    Résumé :

    Si je réécrivais un peu l’histoire, je tairais les policiers devenus des vautours, la jeunesse égarée, le gouvernement appelant les terroristes au cessez-le-feu, les enfants qui ne jouent plus parce que les rêves les ont quittés trop vite.

    Je passerais sous silence mon grand-père à la tête vide, l’herbe desséchée par le soleil, les fourmis rouges dévoreuses de peau, les douches prises à minuit lorsqu’un peu d’eau coulait enfin du robinet.

    Je feindrais le bonheur de vivre désormais dans une ville étrangère, loin des amis d’enfance et de la lumière enveloppante d’Alger. J’oublierais les coups de fil incessants de ma mère qui se désespère de me savoir célibataire à trente ans.

    Resterait la perspective de revenir en Algérie avec l’image détestable des gens qui quittent leur pays sans remords pour vivre là-bas.

     

    Mon avis : 

    Nos racines ont toujours leur importance, malgré le temps qui passe, l'envie de vivre pleinement, l'envie de liberté, de vivre ailleurs, autre chose. On retourne toujours sur ses pas comme le petit Poucet grâce à ses petits cailloux blancs laissés sur le chemin.

    Kaouther Adimi nous livre ici un roman pur, envoûtant aux senteurs du pays, des racines jamais totalement oubliées, juste mises à distance un moment. Un roman également oppressant dans lequel la réflexion se fait sur la vie, sur l'avenir, sur les acquis et les peurs.

    Le bonheur est fragile, parfois, juste en surface, on le recherche en soi, comme dans ce qui nous entoure et il semble ne jamais vouloir venir. Que faire alors lorsque partir n'a pas forcément été la solution ?  Doit-on rester feindre un bonheur alors qu'on ne vit qu'en surface à peine comblé par une vie ennuyante ou du moins pas autant rêvé ?

    Autour de soi, les fourmis rouges continuent leur lente avancée, un peu comme l'image des êtres humains sur la terre ou encore l'image plus profonde de la vraie vie. Cette profondeur se ressent également lorsque l'auteur évoque la pluie qui tombe et ce bonheur simple qu'elle aimerait partager avec un homme.

    Le temps continue à filer et avec lui les certitudes, les petits bonheurs et la quête ne s'arrête pas de vouloir toucher au véritable bonheur. Seulement où se terre-t-il ? Doit-on suivre les traces que l'on nous impose. Kaouther Adimi n'oublie pas d'où elle vient, ses racines sont ancrées dans chacun de ses mots comme d'ailleurs sa liberté bien à elle. Au-delà de ses mots, elle évoque le statut de la femme et du migrant volontaire comme involontaire au sein de la société autant que le prix de la liberté.

     

    Ma note : 9 / 10

     


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    Le reste de leur vie

     

    Éditeur : Au diable Vauvert

    Genre : roman

    Année d'impression : 2 mai 2016

    Résumé :

    Comment, au fil de hasards qui n’en sont pas, Ambroise, le thanatopracteur amoureux des vivants et sa grand-mère Beth vont rencontrer la jolie Manelle et le vieux Samuel, et s’embarquer pour un joyeux road trip en corbillard, à la recherche d’un improbable dénouement…

    Un conte moderne régénérant, ode à la vie et à l’amour des autres. Tout lecteur fermera heureux, ému et réparé, ce deuxième roman qui confirme le talent de Jean-Paul Didierlaurent.

     

    Mon avis :

    Après le Liseur du 6h27 et Macadam, on retrouve avec plaisir Jean-Paul Didierlaurent dans ce nouveau roman qui confirme bien son talent.

    L'auteur continue de nous montrer que les petites gens peuvent faire l'objet de belles histoires émouvantes et palpitantes. On en ressort ému, grandi, plus vivant que jamais .

    Un roman qui nous apprend la vie, ses douleurs et ses joies, ses espoirs comme ses surprises. Un roman au cœur d'univers particuliers qui nous mène là où l'on ne va quasiment jamais, voire pas du tout. Jean-Paul Didierlaurent a le don de creuser la vie pour en ressortir des trésors. On s'attache à ses mots comme à ses personnages qui pourraient être des personnes que vous connaissez.

    Avec lui il n'y a pas de petitesse mais de la vie à dévoiler et faire aimer. Oui, c'est un peu cela peut-être son style, sortir la petitesse, des univers de petites personnes pour les élever et en montrer la valeur.

    Une fois encore, un roman réussi et donc à découvrir sans plus tarder.

     

    Ma note : 10 / 10

     

    C'est un

    Le reste de leur vie

     

     


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  • Prochainement...

    Le chat et autres histoires

     

    Éditeur : Z4 éditions

    Genre : recueil de textes

    Année d'impression : juillet 2017

    Résumé :

    Les textes rassemblés dans cet ouvrage sont le résultat d’un travail accompli au cours d’une résidence d’auteur(e)s qui s’est déroulée à POULX du 5 au 20 juin 2017 à l’initiative du groupe chinois TAETEA (producteur de thé et créateur de l’institut littéraire Taetea).

    Émilie Panisset-Barachant fait ici la démonstration de son talent pour les formes brèves et de son goût pour les histoires « dures ». Un régal de noirceur.

    Avec « Le chat et autres histoires », elle nous offre une nouvelle version de son style multiforme, incisif, sans fioritures, allant à l’essentiel – cette alliance de l’essence et du ciel – il n’a nul besoin de chercher à briller.

     

    Mon avis : à venir, besoin d'une relecture

     

    Ma note :  / 10


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    Le cave du Vatican

     

    Éditeur : La Musardine

    Genre : roman policier érotique

    Année d'impression : 13 avril 2017

    Résumé :

    Du suspense, du sexe, de la mauvaise foi, des spaghetti alle vongole et quelques fantaisies maison : Liebig réincarné en San Antonio ! 

    Lorna, très jolie fliquette, a sa méthode pour faire accoucher les suspects et les témoins. Elle donne de son corps. Son collègue Glossu a aussi sa méthode : la mandale. Tous deux se retrouvent à enquêter sur une très sale affaire au cœur du Vatican. Sous les plafonds ornés de la cité papale, le protocole va en prendre un coup : ça va secouer chez les mitres et le Grand Patron va être obligé de s’en mêler. Du suspense, de la mauvaise foi, des spaghetti alle vongole et quelques fantaisies maison. En tout cas, c’est prouvé maintenant : les anges ont un sexe et ils savent s’en servir. 
     

    Mon avis :

    Étienne Liebig nous offre ici un roman policier érotique qui ferait sans nul doute frémir le Vatican et ses fidèles. Meurtres, sexe, dépravation, tout est mis d'ailleurs pour cette réaction. Le genre qui plaira aux amateurs et qui déplaira aux puritains.

    L'auteur nous mène avec brio dans cet univers à la fois sacré et détourné, passant d'un langage familier, limite vulgaire à un langage plein de respect, châtié, à la limite du trop plein cependant pour chacun. On se dirait dans l'exagération, les clichés remis au goût du jour.

    L'ennui s'installe dans la lecture. La sexualité est vite remballée, même pas le temps d'être troublé par les mots. Le suspens cependant est là jusqu'au bout et l'histoire tient la route.

    Pourquoi également parler d'un rapprochement avec la série française de polar San Antonio, créée par Frédéric Dard si ce n'est pour attirer un grand nombre de lecteurs au moins par curiosité. Mais tout lecteur n'a pas forcément lu un San Antonio et la comparaison est peut-être un peu exagérée, sinon un clin d’œil quand à l'illustration de couverture qui n'est pas sans rappeler ce qui a fait le succès des San Antonio entre enquêtes, suspens et créatures plantureuses à souhait. Serait-ce ici une sorte de parodie, de la dérision en comparaison ?

    Le coup de cœur n'est donc pas là. On laissera tout de même planer sur cette œuvre la considération d'un talent d'écriture car Liébig jongle avec les mots, avec le langage ; il ose. Plane aussi les idées, les clichés, tout ce qui reste dans l'ombre, les non-dits, les histoires qui parfois se révèlent au grand jour et qui soulignent parfaitement le fait que tout n'est pas toujours tout blanc ou tout noir. Rien n'est totalement acquis que ce soit de l'ordre du religieux ou de la sexualité, limites ou pas, on peut parfois avoir bien des surprises.

     

    Ma note : 6 / 10

     


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    Le retour de Jules

     

    Éditeur : Albin Michel

    Genre : roman

    Année d'impression : 4 mai 2017

    Résumé :

    « Guide d’aveugle au chômage depuis qu’Alice a recouvré la vue, Jules s’est reconverti en chien d’assistance pour épileptiques. Il a retrouvé sa fierté, sa raison de vivre. Il est même tombé amoureux de Victoire, une collègue de travail. Et voilà que, pour une raison aberrante, les pouvoirs publics le condamnent à mort. Alice et moi n’avons pas réussi à protéger notre couple ; il nous reste vingt-quatre heures pour sauver notre chien. »
     
    Au cœur des tourments amoureux affectant les humains comme les animaux, Didier van Cauwelaert nous entraîne dans un suspense endiablé, où se mêlent l’émotion et l’humour qui ont fait l’immense succès de Jules.

     

    Mon avis :

    Parfois les apparences sont bien trompeuses. Même chez nos amies les bêtes en l'occurrence ici les chiens.

    Dans Jules, Didier Van Cauwelaert nous montrait l'importance des chiens dressés pour aider les aveugles puis des épileptiques. Il récidive dans Le retour de Jules cette fois avec un doublé : deux chiens ! Toujours notre bon Jules mais qui risque sa vie et l'arrivée de sa compagne de route Victoire qui mènera le lecteur vers une autre capacité canine, celle de débusquer le danger du terrorisme.

    Le roman est une course effrénée, le lecteur est vite entraîné à coup de pattes par la plume subtile et intelligente de l'auteur. L'histoire a tout pour séduire et faire passer un bon moment de lecture. Entre danger, suspense, amour, réalité même car l'auteur sous ses mots envoie un message assez fort sur le sujet de l'épilepsie. Les chiens en effet peuvent détecter des crises et être parfois bien utiles face à la solution médicamenteuse.

    Un roman qui offre des surprises, qui dénonce, qui évoque et qui peut se lire indépendamment du premier opus Jules, datant de 2015 (voir la chronique http://leslecturesdelaeti.eklablog.com/jules-a117375502).

    remarque : sur la couverture de Jules, le chien ne paraissait pas être un labrador. Ici dans Le retour de Jules, on peut constater un petit changement dans l'apparence, les oreilles du chien moins grandes. Un peu plus labrador donc !! Un regard aussi qui en dit long... Détresse, gentillesse. Tout pour faire fondre le lecteur.

    Une fin par contre un peu trop happy end mais on comprendra que tout doit avoir une fin malgré tout. On ne peut indéfiniment étirer une histoire, faire perdurer des personnages à moins du virer dans un autre genre et là, le genre frôle le réalisme au creux de la fiction et de l'imaginaire de l'auteur.

    A découvrir donc !

     

    Ma note : 9.5 / 10

     


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